Jacek Ziober, le Polonais de la Mosson

Il y a des footballeurs dont on se souvient pour leurs statistiques. Et puis, il y a ceux dont on se souvient pour une allure, un geste, une époque. Jacek Ziober était de ceux-là.

Jacek Ziober est mort ce 6 octobre 2026, à seulement 60 ans. Avec lui disparaît une figure profondément attachante du football polonais et, pour beaucoup de nostalgiques des années 1990, un visage familier d’un football aujourd’hui disparu. Des maillots amples, des coupes de cheveux improbables, des stades encore très proches de leurs supporters et des joueurs capables de devenir, en quelques mois, de véritables personnages. Jacek Ziober avait tout cela.

De Łódź à la lumière

Né à Łódź en 1965, Jacek Ziober est formé au ŁKS Łódź. Il y débute professionnellement au tout début des années 1980 et s’impose rapidement comme l’un des grands talents de sa génération. Il est rapide, technique, imprévisible. Un ailier gauche capable de provoquer, de percuter et de faire lever un stade. Avec le ŁKS, il dispute plus de 200 rencontres avant de devenir, en 1990, joueur polonais de l’année. La même année, son destin prend une autre dimension. Il quitte la Pologne pour la France : Direction Montpellier.

Ziober, la Mosson et les années folles

Pour les supporters de la Paillade, son nom est indissociable d’une formidable équipe du début des années 1990. À Montpellier, Ziober retrouve son compatriote et entraîneur Henryk Kasperczak et évolue aux côtés de joueurs comme Laurent Blanc, Pascal Baills, Wilbert Suvrijn ou encore Carlos Valderrama. Ziober va disputer 110 matches sous le maillot montpelliérain et inscrire 22 buts. Il reste notamment comme le meilleur buteur du club en Coupe d’Europe, avec trois réalisations. Mais les chiffres racontent mal ce qu’il représentait car Ziober était avant tout un joueur que l’on venait voir.

Et il y a une image qui résume parfaitement son passage dans l’Hérault : le 19 septembre 1990, à la Mosson, Montpellier reçoit le PSV Eindhoven de Romário en Coupe des Coupes. Le PSV est une énorme machine européenne. Et Ziober marque : Montpellier s’impose 1-0.

Quelques mois plus tard, la Paillade élimine également le Steaua Bucarest avant de tomber en quarts de finale contre Manchester United. Montpellier ira chercher un nul à Old Trafford avant de s’incliner au retour. Pour une génération de supporters, cette aventure européenne reste l’une des grandes madeleines du football français. Et au milieu de cette équipe, il y avait ce Polonais reconnaissable entre mille.

Pampelune, puis l’Amérique

Après Montpellier, Ziober prend la direction de l’Espagne et rejoint Osasuna Pampelune. Il y reste trois saisons, avant de revenir en Pologne à l’Amica Wronki. Puis, comme beaucoup de joueurs de cette époque attirés par une aventure différente, il termine sa carrière aux États-Unis, sous le maillot du Tampa Bay Mutiny. Il raccroche les crampons à la fin des années 1990.

Une carrière finalement assez courte, mais incroyablement riche : Łódź, Montpellier, Pampelune, la Pologne, les États-Unis.

L’équipe nationale : 46 sélections et un immense regret

Avec la sélection polonaise, Ziober connaît ses débuts en 1988. Entre 1988 et 1993, il porte 46 fois le maillot blanc et rouge et inscrit huit buts. Il restera notamment le souvenir de son match contre les États-Unis en 1990 : une passe décisive pour Roman Kosecki, puis un but personnel. Mais son histoire internationale possède aussi une part de frustration car Jacek Ziober n’a jamais disputé une phase finale de Coupe du monde ou de championnat d’Europe. Mais il n’en demeure pas moins l’un des joueurs polonais les plus marquants de cette génération, celle qui faisait le lien entre le grand passé du football polonais et les années 90.

Jacek Ziober s’est ensuite tourné vers le métier d’entraîneur et étaiat devenu notamment sélectionneur de l’équipe de Pologne de beach soccer entre 2003 et 2007. Il a ensuite travaillé ensuite dans plusieurs clubs polonais.

Ces dernières années furent malheureusement beaucoup plus difficiles. Il connaissait de sérieux problèmes de santé et une situation personnelle compliquée. Il disparaît aujourd’hui, quelques semaines seulement avant son 61e anniversaire.

Salut, Jacek.

Avec le décès de Jacek Ziober, on ne perd pas seulement un ancien international polonais, on perd un morceau de notre mémoire du football ; Celui des après-midi devant la télévision, celui de Montpellier en Coupe des coupes, ce Montpellier de Valderama et de Loulou Nicollin, celui des joueurs que l’on reconnaissait avant même de voir leurs noms écrits dans le dos des maillots. Merci pour les souvenirs, Jacek. Dziękujemy. Spoczywaj w pokoju.

.. Et quelque part, dans une Mosson des années 90, un Polonais court et courra encore sur son aile gauche…

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